Histoire et patrimoine de la MRC

Cette section propose des informations concernant l’histoire et le patrimoine de chacune des municipalités 18 locales de la MRC de Drummond. En introduction, vous trouverez ci-après un profil général de la MRC.

Créée le 2 novembre 1981, la MRC de Drummond s’étend sur une superficie de 1626 km carrés. Elle fait partie de la région du Centre-du-Québec (17) et elle est située pratiquement à mi-chemin entre Québec et Montréal dans l’axe est-ouest ainsi qu’entre Trois-Rivières et Sherbrooke dans l’axe nord-sud. Elle regroupe 18 municipalités locales et compte 103 014 résidents (2016). Avec ses 75 091 citoyens, la ville-centre, Drummondville, représente 73 % de la population totale de la MRC. 

La MRC de Drummond se situe au contact de la plate-forme des basses terres du Saint-Laurent et de la province géologique des Appalaches. Ce point de contact est formé par la faille Logan, une ligne de fracture terrestre, qui suit approximativement le tracé de l’autoroute 20. La présence de ces deux provinces géologiques a eu une influence sur le relief de la MRC. On peut d’ailleurs diviser le territoire selon trois ensembles topographiques qui sont les basses terres du Saint-Laurent; le piedmont appalachien et le bas plateau appalachien. Cette variation entre étendues à relief plat au nord et progression vers des massifs montagneux au sud favorise une certaine diversité paysagère dans la MRC.

Trois bassins versants reçoivent les eaux de drainage des sols du territoire de la MRC de Drummond. Le principal bassin est celui de la rivière Saint-François. Celui-ci touche 10 municipalités et coupe le territoire de la MRC en deux parties pratiquement égales en superficie. Trois rivières ayant une certaine importance serpentent le bassin versant de la rivière Saint-François, soit la rivière Saint-Germain (Noire), la rivière aux Vaches et la rivière Ulverton.

Les autres bassins hydrographiques que l’on retrouve dans la MRC de Drummond sont ceux des rivières Nicolet et Yamaska. Dans ces bassins versants, on retrouve des petites rivières, soit la rivière David qui se jette dans la rivière Yamaska ainsi que les rivières des Saults et du Nègre qui s’écoulent vers la rivière Nicolet, dans son bras sud-ouest.

Le nombre important de rivières et de cours d’eau a amené la construction de nombreux moulins qui ont utilisé cette énergie naturelle et gratuite. On constate d’ailleurs la présence de petits hameaux dans plusieurs municipalités du territoire qui se sont développés autour de ce type d’infrastructures. Pour le comté de Drummond, on compte 23 moulins à farines et 47 moulins à scie en 1851-521. Cela explique souvent la concentration de résidences en dehors du cœur d’un village, bien que, la plupart du temps, aucune trace physique du moulin ne subsiste aujourd’hui.

Le premier réseau de transport a été la rivière Saint-François. Les Abénakis et les premiers colons l’ont utilisée pour leur déplacement où pour celui de leur marchandise. Une carte2 produite par Yolande Allard et la Société d’histoire de Drummond nous indique les différents sites fréquentés et leurs noms en abénakis, tout le long de ce premier axe de transport entre Richmond et Pierreville.

Le développement économique de la région est d’abord passé par la construction de routes et de chemins de fer, liens entre les grandes agglomérations de la région. La production artisanale a dominé la région pendant le 19e siècle et le début du 20e siècle. Avec l’électrification au début du 20e siècle, la production industrielle a pris le relais, notamment avec l’industrie du textile qui a dominé pendant plus de 50 ans.

La position géographique avantageuse de la MRC ainsi que la construction de deux autoroutes (autoroute 20 dans l’axe est-ouest et autoroute 55 dans l’axe nord-sud) ont été profitables pour l’économie du territoire qui a ainsi pu se développer et se diversifier. En 2006, il y a avait 42 790 emplois occupés dans la MRC. Ils représentaient 41,8 % de tous les emplois dans la région Centre-du-Québec.

Après la guerre de 1812-1815, un grand nombre de concessions ont été octroyés aux anciens combattants anglophones à même les nouveaux cantons. Plusieurs centres comme Drummondville, L’Avenir, Wickham et Saint-Guillaume se sont développés autour de l’industrie du bois et de la potasse3. Vers 1850, l’industrie du bois a perdu un peu de terrain au profit des forges et des fonderies ainsi que d’autres industries, telles les tanneries et les briqueteries. Parmi les plus connus, on retrouvait la briqueterie Mitchell à Notre-Dame-du-Bon-Conseil et la forge McDougall à Saint-Pie-de-Guire.

Les informations reçues du ministère de la Culture et des Communications nous indiquent qu’un seul site archéologique est connu dans la MRC. Il s’agit du site de La Poudrière de Drummondville. Plusieurs ouvrages historiques et photos anciennes nous apprennent cependant qu’il en existe plusieurs autres. Qu’on pense à la briqueterie Mitchell, aux forges McDougall, aux villages Abénakis, aux cimetières familiaux ou aux vestiges de différents moulins en opération au 19e siècle. Il est certain que de nombreux sites archéologiques restent à être documentés sur le territoire.

Dans le cadre de son projet d’inventaire patrimonial, la MRC souhaitait documenter d’une perspective historique le développement de chacune des municipalités du territoire. L’angle choisi a permis de comprendre davantage le lien entre le développement des villages et les types de bâtiments qu’on y retrouve encore aujourd’hui. Par exemple, la présence ancienne d’un chemin de fer ou d’un moulin à eau peut expliquer pourquoi certains types de bâtiments sont observés à des endroits précis ou, encore, expliquer la concentration de certains bâtiments autour d’un noyau en dehors du cœur du village actuel.

1 Macro-inventaire des biens culturels du Québec. Comté de Drummond. « Histoire et archéologie » Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1982, p. 71

2 « La route des Abénakis (via la rivière Saint-François) » Société historique du Centre du Québec, 198

3 Macro-inventaire des biens culturels du Québec. Comté de Drummond. « Histoire et archéologie » Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1982, p. 64

Municipalités

Drummondville est fondée en 1815 par le major général britannique Frederick George Heriot, dans la lancée de la nouvelle politique de colonisation du gouvernement, qui suit la guerre américano-britannique de 1812-1814 et la démobilisation des régiments de Watteville, de Meuron et des Voltigeurs qu’il commandait. Heriot amène avec lui quelques soldats licenciés pour s’établir au bord de la rivière Saint-François, à l’endroit où les rapides bloquent la navigation et obligent les voyageurs à portager.

Les premiers propriétaires de lots dans le canton de Durham ont obtenu leurs titres en 1802 et c’est d’abord la partie nord qui est défrichée2. Les premiers Eurocanadiens qui se sont installés à Durham sont William Cross et sa femme Phinela Latting, des Loyalistes. Ils sont arrivés par canot sur la rivière en provenance de Sherbrooke ou de Lennoxville vers 1801.

À l’aube du 19e siècle, 17 familles abénaquises ont reçu des autorités coloniales 10 000 arpents de terres dans le canton de Durham. En échange, les Abénaquis doivent s’établir sur ces lots et cultiver la terre sans avoir le droit de la vendre ou de la louer. L’établissement des Abénaquis dans cette région a créé deux villages ; le plus peuplé étant à L’Avenir à l’intersection du 2e rang et de la route Boisvert et l’autre situé à proximité de la rivière noire. Cette présence autochtone a été de courte durée puisque le recensement de 1831 dénombre 49 fermiers et chasseurs dans le canton de Durham alors qu’il n’en reste que 26 en 1851. Les peuples autochtones ont laissé leurs traces sur le territoire de la municipalité notamment avec le cimetière abénaquis situé au « Bec de Canard ».

 

Au début du 20e siècle, plusieurs individus se sont installés entre les municipalités de L’Avenir, de Durham-Sud et de Wickham2. La concentration de population est assez significative puisque la municipalité de Lefebvre est créée en 1922.

Le territoire de Notre-Dame-du-Bon-Conseil est constitué de quatre agglomérations : Carmel Hill, Blake, Mitchell et le village proprement dit. C’est la voie ferrée qui a contribué à l’établissement des colons dans ces différents lieux. La plupart des habitants des 11e et 13e rangs de Wendover proviennent de Sainte-Clotilde. D’autres colons ont dû choisir entre l’exode aux États-Unis ou s’installer dans un endroit où le commerce du bois est plus florissant. Les villages de Carmel, Blake et Mitchell ont ainsi tiré leur épingle du jeu. Il est à noter qu’au moins les trois quarts du territoire sont la propriété d’industries forestières en 1895.

 

Le territoire de Notre-Dame-du-Bon-Conseil est constitué de quatre agglomérations : Carmel Hill, Blake, Mitchell et le village proprement dit. C’est la voie ferrée qui a contribué à l’établissement des colons dans ces différents lieux. La plupart des habitants des 11e et 13e rangs de Wendover proviennent de Sainte-Clotilde. D’autres colons ont dû choisir entre l’exode aux États-Unis ou s’installer dans un endroit où le commerce du bois est plus florissant. Les villages de Carmel, Blake et Mitchell ont ainsi tiré leur épingle du jeu.

 

Le territoire de Saint-Bonaventure est arpenté en 1792 mais il est colonisé plus tardivement. Le premier pionnier est Antoine Lupien qui s’est installé dans le 5e rang, le 27 octobre 1842, alors que le territoire appartient à la municipalité de Saint-Guillaume. Plusieurs pionniers ont choisi de défricher le 5e rang dont Jos Joyal, Léon Côté, Xavier Houle, François Nault, Michel Michaud, Norbert Déchenaux, Jos Lupien, Harris Héroux, Amable Trempe, Alexandre Letendre et plusieurs autres. Parmi ces nouveaux arrivants, certains ont quitté pour les États-Unis.

 

L’établissement des premiers colons s’est effectué dès 1831 et principalement sur trois fronts. D’une part, certains colons provenant de Drummondville et de Saint-Germain ont choisi de défricher le côté est, sur le 11e rang et sur le chemin de Saint-Hyacinthe. On peut y dénombrer une dizaine de familles pratiquant l’agriculture et la vente de la potasse au milieu du 19e siècle. D’autre part, le deuxième front de colonisation s’est formé au sud-ouest du territoire où la famille Brodeur a concédé plusieurs lots lui appartenant à partir de 1833.

Le canton de Kingsey est arpenté par James Rankin en 1792 et ensuite par W. Walker en 1800. C’est aussi au début du 19e siècle que le premier colon, William Wadleigh, est venu s’installer près de la rivière Saint-François dans le canton de Kingsey. William Wadleigh est un loyaliste et un ancien « capitaine de vaisseau » de la guerre d’indépendance.

La moitié du canton de Grantham est accordée au loyaliste William Grant et à sa trentaine d’associés le 4 décembre 1799 avec l’accord du lieutenant-gouverneur Robert Shore Milnes. Le territoire obtenu comprend 129 lots et s’étend sur 36 400 acres. William Grant est un marchand d’origine écossaise s’intéressant aussi à la politique.

C’est le 21 mai 1800 qu’Alexander Grant s’est vu remettre les lettres patentes, émises par le lieutenant-gouverneur du Bas-Canada Robert Shore Milnes au nom de sa Majesté Georges III. Ces lettres, obtenues à la suite de quatre pétitions rédigées entre 1792 et 1800, confèrent à Grant les 23 800 acres de terres convoitées dans le canton d’Upton3. Toutefois, Grant ne s’est jamais intéressé à son canton difficile d’accès pour les colons en raison de la surabondance de bois et de marais.

 

Une des familles pionnières de Saint-Lucien est celle de Jules Lampron. Ce défricheur a bâti sa maison sur le lot 24 du rang Saint-Léopold (l’actuelle route des Rivières). Plusieurs de ses enfants se sont installés dans le même rang et c’est pourquoi on a communément appelé cette route le rang des Lampron. Vers 1946, l’école du rang compte 21 élèves du nom de Lampron en plus de l’institutrice Hélène Lampron. Enfin, Jules Lampron a figuré parmi les premiers conseillers de la municipalité. D’autre part, la famille Comeau fait également partie des familles souches.

 

La plus grande vague de colons a déferlé sur le territoire de Saint-Majorique vers 1860. Parmi les premiers colons on retrouve Abraham Dionne et sa femme Adéline Salois dit Caya qui se sont mariés le 4 mai 1868 à Saint-Bonaventure. On connaît au moins cinq générations provenant de cette famille. Ludger Fréchette du 3e rang figure aussi parmi les pionniers et son implication mérite d’être soulignée. En fait, il a été le premier président de la commission scolaire en plus d’avoir occupé le poste de maire de la municipalité de 1905 à 1914.

Dès 1814, des colons canadiens-français ont reçu des terres concédées par le seigneur Joseph Deguire mais peu d’entre eux ont défriché leur lot. Les pionniers ont obtenu leur première église en 1874 sur un terrain offert par Jonathan Saxton Wurtele, « écuyer, avocat et seigneur de Guire ou de Rivière David ». Le presbytère est construit en 1896 au coût de 3500$. Le bâtiment est vendu en 1970 et il est déménagé dans un champ sur le rang Letendre.

Les premiers colons de Sainte-Brigitte-des-Saults se sont installés sur le territoire de la seigneurie de Courval dont Moses Hart est le propriétaire. Par la suite, la seigneurie est passée entre les mains de son fils Alexandre Thomas en 1847 avant de devenir la propriété du petit-fils de Moses Hart, c’est-à-dire Ezékiel Moses Hart.

C’est en 1802 que Joseph Bouchette a arpenté le canton et lui a donné le nom de Wickham. Le major Frederick George Heriot est surintendant de cet établissement et il doit y installer les anciens membres du régiment des Voltigeurs remerciés de leurs services en 1815. À la même époque Benjamin Écuyer et J. Sullivan ont divisé le canton en rangs et en lots.

Patrimoine au Québec

Le patrimoine est un domaine vaste et complexe qui possède son propre langage, ses professionnels et spécialistes, ses outils et sa propre loi.