Saint-Bonaventure

Dans cette page, on retrace brièvement l’histoire de la municipalité et on présente quelques données statistiques tirées de l’inventaire patrimonial réalisé en 2009. On peut également y indiquer les différentes actions de la municipalité en matière de patrimoine.

Histoire

 

Érection canonique : 28 février 1856
Érection civile : 9 juin 1856
Origine du nom : La paroisse est mise sous le patronage de Saint Bonaventure, l’ancien évêque et docteur de l’église Bonaventure de Bagnorea en Italie (1221-1274). Ce choix de vocable ne réfère donc pas à une personne particulière à honorer dans la région1.

Population : 1037 personnes

 

Les pionniers

Le territoire de Saint-Bonaventure est arpenté en 1792 mais il est colonisé plus tardivement. Le premier pionnier est Antoine Lupien qui s’est installé dans le 5e rang, le 27 octobre 1842, alors que le territoire appartient à la municipalité de Saint-Guillaume. Plusieurs pionniers ont choisi de défricher le 5e rang dont Jos Joyal, Léon Côté, Xavier Houle, François Nault, Michel Michaud, Norbert Déchenaux, Jos Lupien, Harris Héroux, Amable Trempe, Alexandre Letendre et plusieurs autres. Parmi ces nouveaux arrivants, certains ont quitté pour les États-Unis. En dépit de ces départs, le nombre de colons a augmenté rapidement puisqu’en 1861, on dénombre 726 Canadiens français sur le territoire2.

 

Parmi les pionniers fondateurs de Saint-Bonaventure, Antoine Lupien s’est grandement démarqué. En effet, il a été maire de Saint-Guillaume avant d’occuper cette fonction à Saint-Bonaventure de 1867 à 1872 et de 1874 à janvier 1877. En tant que maire, Antoine Lupien a obtenu des gains substantiels pour les nouveaux colons, notamment un montant de plus de 200$ servant à acheter des grains et des semences qui sont ensuite distribués aux colons3.

 

La vie religieuse

La construction de la première église de bois a débuté en 1861, sur le lot 10 du 4e rang d’Upton. À cette époque, on dénombre 726 paroissiens à Saint-Bonaventure. Le premier presbytère est bâti par les paroissiens alors que la construction du presbytère actuel est entreprise en 1885 pour la somme de 2800$. Une nouvelle église sur pilotis est érigée en 1912 par l’architecte Louis Caron. Malheureusement, ce temple religieux est ravagé par le passage de la tornade du 24 juillet 1975. L’église actuelle est donc récente et elle date de 1977. La construction de cette église est confiée à la firme Construction Drummond Inc. et elle est l’œuvre de l’architecte André Camirand, l’arrière petit-fils d’un pionnier de la municipalité4.

 

L’éducation

En 1861, il y a deux écoles regroupant 58 élèves alors qu’on dénombre neuf écoles de rang en 1911. La municipalité de Saint-Bonaventure abrite une école indépendante dès 1929. Cette école est sous la direction de Georgette Lemaire et elle se situe au deuxième étage de la maison de son père, Georges Lemaire. En dépit du succès de cette école durant six ans, l’institutrice a choisi d’entrer chez les Sœurs de la Présentation-de-Marie et d’y poursuivre sa carrière5.

 

Le terrain pour la construction de l’école centrale est offert par la fabrique en 1958 et la direction de cette école est assurée par les Sœurs de l’Assomption de 1960 à 1969. L’école centrale a aussi subi les effets dévastateurs de la tornade de 1975, principalement du côté droit du bâtiment6.

 

Les moyens de transport

Au milieu du 19e siècle, les pionniers de Saint-Bonaventure peuvent emprunter la route qui relie Saint-François-du-Lac à Drummondville. Les résidants de Saint-Bonaventure tirent également des avantages du train circulant à Saint-Guillaume puisqu’ils exportent du foin vers les États-Unis via la voie ferrée7.

 

L’économie

Aux débuts de la colonisation, le blé est abondamment cultivé et récolté. Cette ressource est ensuite vendue à des résidants de Yamachiche et des États-Unis. En 1866, on dénombre un seul marchand ainsi qu’un seul moulin à scier le bois et à moudre le grain. Ce moulin, propriété d’Olivier Salois, se trouve du côté sud-ouest de la Rivière-aux-Vaches. Ensuite, ce moulin est déménagé au côté nord-est de la rivière avant qu’il ne brûle en 1915. On a reconstruit le moulin avec « la partie principale de l’ancienne église désaffectée ». Après plusieurs changements de propriétaires et l’incendie de 1942, l’industrie ferme ses portes. Le dernier propriétaire, Wilfrid Desmarais, a vendu sa maison et le moulin à Meunerie Labonté Inc. maintenant connue sous le nom de Labonté-Belhumeur Inc.8.

 

Dorilla Desmarais, propriétaire du moulin à scie du 2e rang, et le notaire Gladu de Saint-François-du-Lac ont exploité les forêts de la municipalité de Saint-Bonaventure dans les 5e et 6e rangs. Le transport des billots, vers l’entreprise de Dorilla Desmarais ou du notaire Gladu à Saint-François-du-Lac, s’effectue grâce à la drave sur la Rivière-aux-Vaches. On peut trouver un moulin à carde, un magasin et des maisons près du moulin à scie du 2e rang. Quelques années plus tard, ces maisons et ce moulin sont déménagés au village9, qui abrite également le moulin à scie de M. Cyr10. L’économie primitive est donc marquée par l’industrie de sciage du bois.

 

La fin du 19e et le début du 20e siècle voient l’arrivée d’une ère de prospérité économique pour la municipalité de Saint-Bonaventure. Toutefois, l’économie est freinée par les dépenses faramineuses investies dans la construction de la nouvelle église et dans le déplacement du cimetière. La crise économique est également venue amplifier ces nouvelles difficultés financières. En outre, un certain M. Tourini a soutiré des sommes importantes d’argent à des résidants de la municipalité en prétendant que la tourbière serait riche en gaz naturel. Il a même fait construire un bâtiment où est inscrit Peat Gas Co. qui devait servir à l’exploitation du puits. Cependant, une fois l’argent amassé, M. Tourini a pris la fuite11. Les résidants de Saint-Bonaventure ont dû se rabattre sur d’autres sources de revenus.

 

Le développement de l’industrie laitière a permis l’implantation de fabriques de fromage dans chacun des rangs de la municipalité à une certaine époque. Au village, Ernest Lemaire possède une beurrerie et une fromagerie. Cette entreprise est vendue à Ernest Frappier vers 1921. La production a beaucoup augmenté et Ernest Frappier a dû ériger deux nouvelles bâtisses pour soutenir la production de lait en poudre en 1946. L’entreprise emploie alors 28 personnes et le travail s’effectue de jour comme de nuit pour transformer les 280 milles livres de lait qui arrivent quotidiennement12.

 

L’agriculture a toujours occupé une part considérable de l’économie de la municipalité. En fait, 50% du territoire est consacré aux fins agricoles. Même si l’industrie laitière est dominante, on retrouve aussi des fermes bovines et avicoles. La famille Lemaire s’est beaucoup consacrée à la culture de fraises et de concombres destinés à la compagnie d’aliments Habitant. Ernest Lemaire a même pris possession du centre local de Catelli Habitant où il recevait la production de concombres des municipalités avoisinantes13.

 

Depuis 1940, l’exploitation de la tourbière par la compagnie Fafard et Frères Ltée, est venue donner un nouveau souffle à l’économie puisqu’elle représente la principale activité économique après l’industrie laitière. En plus d’embaucher 143 personnes en 2009,cettecompagnie exporte ses produits aux États-Unis, en Europe et au Japon14.

 

Le village

Dès 1888, le village est doté d’un premier bureau de poste qui est opéré par Olivier Salois. Plusieurs médecins ont aussi offert leurs services au village notamment Charles Tessier, E. St-Germain, Théorêt Bélisle, Maurice Bourgeois et Eusèbe Turmel. Le magasin général d’Armand Turcotte ravitaille les colons depuis 1866. Par la suite, il y a eu le magasin général de Gaumont en face de l’emplacement actuel de l’école. Un autre magasin général est créé en 1896 au 1075 rue Principale par Alma Letendre, mais il a changé plusieurs fois de propriétaires avant de ne plus être utilisé à des fins commerciales. Le bâtiment sert maintenant de résidence mais il n’est pas habité en 2009. Enfin, l’année 1908 voit l’arrivée du magasin général d’Élie Dionne qui a également changé plusieurs fois de propriétaires. En 1905, Dorilla Desmarais a créé la première boulangerie où son fils Ernest a travaillé15. Plusieurs autres hommes de métiers se trouvent à Saint-Bonaventure que ce soit les deux forgerons, un agronome, un tailleur, un cordonnier, un voiturier, un sellier, un embaumeur, les barbiers, un photographe, les électriciens, les assureurs, les menuisiers, les apiculteurs et les bouchers16.

 

La vie municipale

La municipalité de Saint-Bonaventure est touchée par trois tornades au cours de son histoire. Les deux premières (en 1922 et en 1945) ont laissé beaucoup moins de traces que la dernière. En effet, le 24 juillet 1975, les résidants de Saint-Bonaventure sont durement mis à l’épreuve par la tornade qui a fauché quatre vies et causé plusieurs blessés. Les pertes matérielles sont aussi considérables sur plusieurs maisons et l’église du village dont les dommages sont évalués à 3 500 000$17. Le temple religieux a dû être reconstruit.

 

Parmi les personnalités les plus connues de Saint-Bonaventure, on retrouve notamment France Labonté, une comédienne qui s’est produite au théâtre à Drummondville en plus d’avoir occupé un poste au sein de l’équipe du Cirque du Soleil18.

 

Enfin, Saint-Bonaventure renferme un bel attrait naturel sur son territoire, c’est le tunnel de verdure, souvent appelé le tunnel végétal, au rang du Bassin. Ce passage est constitué d’érables âgés d’environ 90 ans sur un parcours d’un demi-kilomètre19. On peut également admirer une partie de la Forêt Drummond sur le territoire de la municipalité. Pour en savoir davantage sur cette municipalité, il suffit de consulter le www.saint-bonaventure.ca.

 

Patrimoine

 

Voici quelques statistiques tirées de l’inventaire patrimonial de la MRC.

 

Type et nombre de biens répertoriés

Répartition selon le type de bien répertorié à Saint-Bonaventure

Bâtiment principal

Bâtiment secondaire

Cimetière

Croix de chemin

Paysage et point de vue

Pont

46

16

1

0

2

0

 

Une cote20 est attribuée à chaque bâtiment principal et elle tient compte de l’intérêt architectural, patrimonial, culturel et historique du bâtiment.

Répartition selon la cote attribuée aux bâtiments principaux

 

Saint-Bonaventure

MRC

Cote

Nombre

%

%

CC

23

47 %

44 %

C

10

20 %

19 %

BN

10

20 %

8 %

CR

2

4 %

10 %

BB

1

2 %

2 %

 

L’année de construction est une information souvent difficile à obtenir parce que peu documentée au fils du temps. Nous avons donc indiqué, le cas échéant, une date approximative selon l’état actuel du bâtiment.

 

Répartition selon la date de construction

 

Saint Bonaventure

MRC

Période

Nombre

%

%

1851-1900

38

83 %

57,7 %

1901-1950

5

11 %

35,5 %

1800-1850

3

6 %

5, 3%

1951 et +

0

0 %

1,5 %

 

En ce qui concerne la description stylistique, 23 styles ont été pré-identifiés. Ce sont des styles reliés essentiellement à l’architecture traditionnelle que l’on retrouve principalement en milieu rural. Lorsqu’un bâtiment mélange plusieurs styles et qu’il est difficile de l’associer à un style particulier, nous avons utilisé la catégorie « Autre ».

Répartition selon le style architectural

 

Saint-Bonaventure

MRC

Style

Nombre

%

%

Vernaculaire américain

13

27 %

18 %

Maison à lucarne-pignon

13

27 %

13 %

Maison de colonisation

7

14 %

18 %

Autre

2

4 %

13 %

Québécois (Régency)

2

4 %

3 %

Vernaculaire boîte carrée

2

4 %

4 %

Géorgien

2

4 %

2 %

Queen Ann

2

4 %

1 %

Courant cubique

2

4 %

4 %

Maison à mansarde

1

2 %

4 %

 

Il est possible de consulter la section Inventaire patrimonial de la MRC pour accéder au module de recherche qui permet d’en savoir davantage sur certains biens patrimoniaux répertoriés dans cette municipalité.

 

1 Benoît Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, Sherbrooke, Éditions Louis Bilodeau & Fils Ltée, 1991, p. 42.

2 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 13 et 23 et Stanislas Drapeau, Études sur le développement de la colonisation du Bas-Canada depuis dix ans (1851-1861), Québec, Typographie de Léger et Brousseau, 1863, p. 219-220 dans B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 20.

3 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 147.

4 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 78 et 87, Selon les observations du curé Alexis L. Desaulniers (1865-1886) dans B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 18-19 et S. Drapeau, Études sur le développement…, p. 219-220 dansB. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 20.

5 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 127 et S. Drapeau, Études sur le développement…, p. 219-220 dansB. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 20 et 110.

6 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 84 et 136.

7 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 191 et Jacques Letarte, Atlas d’histoire économique et sociale du Québec (1851-1901), Fides, 1971 dans B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 20.

8 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 19 et 199-200 et Selon les observations du curé Alexis L. Desaulniers (1865-1886) dans B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 19.

9 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 202.

10 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 202.

11 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 191 et France Caya, Petite monographie sur Saint-Bonaventure, p. 41-42. dans B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 193.

12 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 196-198.

13 F. Caya, Petite monographie…, p. 33 dans B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 196 et Thérèse Bégin, Si mon comté m’était conté, Les éditions Gilles Allard inc., octobre 1994, p. 61.

14 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 188 et 208 et information du service de la paye de Fafard et frères Ltée.

15 Collectif, L’histoire vraie de Saint-Bonaventure d’Upton, 1980, p. 8 dans B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 221 et B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 179, 221, 222 et 224.

16 Carte topographique de 1918, 31-H/15, Department of Militia and Defence et B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 227.

17 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 85 et 169.

18 B. Lemaire, Saint-Bonaventure 1867-1992, p. 249.

19 T. Bégin, Si mon comté…, p. 61.

20 Signification des cotes :

A : Intérêt patrimonial exceptionnel reconnu

AA : Intérêt patrimonial exceptionnel

B : État très proche de l’original, intérêt historique et/ou culturel

BB : État très proche de l’original, sans intérêt historique et/ou culturel

BN : État très proche de l’original, sans intérêt architectural

C : Ayant subi des altérations mineures, mais modèle original identifiable

CC : Ayant subi des altérations majeures, mais modèle original identifiable

CR : Ayant subi des altérations majeures, sans respecter le caractère original

D : En rupture (ne respecte pas l’environnement architectural) à conserver

E : En rupture (ne respecte pas l’environnement architectural) à recycler