Wickham

Dans cette page, on retrace brièvement l’histoire de la municipalité et on présente quelques données statistiques tirées de l’inventaire patrimonial réalisé en 2009. On peut également y indiquer les différentes actions de la municipalité en matière de patrimoine.

Histoire

Érection canonique : 27 janvier 1864
Érection civile : 27 juillet 1864
Origine du nom : Le canton a reçu le nom de Wickham pour rappeler aux Loyalistes leur patrie, Wickham étant une paroisse d’Angleterre. Quant à la municipalité de Wickham, certains résidants ont nommé cette agglomération « Leonard Hill » à cause de l’influence de M. Leonard. Son nom est aussi utilisé pour désigner la route reliant Saint-Nicéphore à Wickham (Leonard’s Road). Enfin, l’appellation Wickham-Ouest a laissé sa place à Wickham en 1956.
Population : 2528 personnes

Les pionniers
C’est en 1802 que Joseph Bouchette a arpenté le canton et lui a donné le nom de Wickham. Le major Frederick George Heriot est surintendant de cet établissement et il doit y installer les anciens membres du régiment des Voltigeurs remerciés de leurs services en 1815. À la même époque Benjamin Écuyer et J. Sullivan ont divisé le canton en rangs et en lots1.

Augustin Ouelle est reconnu comme le premier habitant qui s’est installé dans la partie ouest du canton de Wickham. Sa cabane se trouve sur le site de l’actuelle église Saint-Jean-l’Évangéliste. D’autres squatters ont tenté leur chance dans les environs mais la plupart ont rapidement plié bagage2.

Des membres de la famille Caya sont présents depuis bon nombre d’années à Wickham. À une certaine époque, le 10e rang est communément appelé le rang des Caya3. Joseph O. Caya, maître de poste et Olivier N. Caya, marchand général, se sont beaucoup impliqués dans le projet d’ériger une croix commémorative en souvenir de la première chapelle. Cet objectif est poursuivi par d’autres Caya qui ont l’idée de construire un beffroi commémoratif en remplacement de la croix. Le docteur Edward Caya, résidant à San Antonio et fils d’Olivier, a conçu le plan du beffroi et il a acheté la cloche de la première chapelle afin de l’insérer dans le beffroi. Son frère, Urbain Caya de L’Avenir, l’a aidé à construire ce beffroi qui commémore les efforts des pionniers à bâtir leur première mission4. Par la suite, des membres de la famille Caya ont toujours entretenu le site.

La vie religieuse
Peter Plunkett, un ancien soldat du 49e régiment, a décidé en 1829 de débuter lui-même la construction de la chapelle sur le terrain qu’il a vendu à Mgr Signay à cet effet. La chapelle et le cimetière sont appelés Mission Saint-Pierre-de-Wickham. Cette mission est fermée en septembre 1848 et déplacée à L’Avenir à cause de l’influence exercée par J. Hercule Dorion et d’autres partisans. La cloche de la chapelle Saint-Pierre-de-Wickham est donc déménagée dans l’église Saint-Pierre-de-Durham à L’Avenir5. Ce changement de site est justifié par la population grandissante du futur territoire de L’Avenir et par le fait que de nombreux paroissiens doivent parcourir de 12 à 15 milles pour se rendre à l’ancienne mission6. En souvenir de la première mission Saint-Pierre-de-Wickham, une croix est plantée par Joseph O. et Olivier N. Caya sur le site de l’ancienne chapelle. Cette croix est remplacée par le beffroi, érigé en 1948, qui contient la cloche récupérée de la chapelle démolie7. Ce beffroi est localisé dans l’actuelle municipalité de Saint-Nicéphore. Une autre chapelle est bâtie en 1863 avant la construction de l’église actuelle en 1882. La finition de l’intérieur de l’église s’est étalée sur une période de six ou sept ans après 18848.

L’éducation
Dès 1868, l’enseignement est offert aux enfants des environs. Ce sont les sœurs de l’Assomption qui ont pris l’école du village en charge de 1915 à 19719. Il y a eu un total de 12 écoles de rang dont huit qui sont déjà établies en 189510. Les écoles sont bien réparties sur l’ensemble du territoire. La centralisation scolaire s’est effectuée en 1963.

Les moyens de transport
Vers 1800, il n’y a pas de route praticable sur le territoire de Wickham et la rivière Saint-François apparaît comme le seul moyen de se déplacer. L’ouverture du Chemin des Commissaires (route 143), reliant Drummondville à Sherbrooke, s’est réalisée en 1822 et la route 13 (route 139) est devenue praticable en 184411.

 

Une ligne de chemin de fer est construite entre Drummondville et Sutton vers 1858 et cette ligne passe par Wickham à partir de 1875. C’est la compagnie South Eastern Railway qui s’occupe de ce tronçon avant qu’il ne soit vendu au Canadien Pacifique. Cette compagnie a construit la première gare autour de 1887. La voie ferrée favorise le commerce puisque les produits laitiers et agricoles sont transportés par train à destination de Québec, de Montréal, de Sherbrooke ou des États-Unis12.

La multiplication des moyens de transport a entraîné la fermeture de la gare en 1967 et l’abandon de la ligne en 1989. Les fêtes du centenaire ont pris soin de rappeler l’importance du train pour le développement de Wickham en utilisant l’effigie d’une petite locomotive en guise de publicité13.

L’économie

La municipalité de Wickham est exploitée par les compagnies forestières qui détiennent environ un tiers du territoire en 1895. Ces lots, foisonnant de pins, de pruches et d’épinettes, sont principalement concentrés dans les 7e, 8e et 10e rangs à proximité de la ligne de chemin de fer. Plusieurs moulins à scie, notamment des compagnies Bramhall, Lupien et Tourville, expédient le bois à Montréal via le train14.

 

Le carrefour Bramhalls est situé dans le 9e rang à proximité de la voie ferrée15. Cette concentration d’activités provient du moulin à scie qui est en fonction vers 1860. Une chaussée érigée dans la rivière Saint-Germain retientles billots de bois où le train vient les charger. Ce moulin crée beaucoup d’emplois ce qui explique la construction de plusieurs maisons à proximité du site. À la fermeture du moulin, bon nombre de ces habitations sont détruites ou déménagées au village ou ailleurs. Enfin, le moulin à scie d’Émilien Lupien est au village tandis que le moulin à scie et à farine de M. Marcoux se trouve dans le 9e rang16.

 

L’arrivée du chemin de fer a également favorisé l’industrie agricole puisque le beurre, le lait, les œufs, le foin et les animaux circulent via ce moyen de transport17. Plusieurs résidants de Wickham se consacrent à l’agriculture.

 

Une mine de cuivre est aussi exploitée sur le territoire de 1858 à 1863. La production est de quatre tonnes dans une proportion de 30% de cuivre pur durant ces années18. Cette compagnie, propriété de James Timmons, embauche une cinquantaine de personnes avant qu’elle ne soit vendue en 1862 à une compagnie de Boston qui l’a abandonnée l’année suivante. La mine est exploitée à nouveau dans les années 1916-1917 et elle a produit 18 tonnes métriques de cuivre19.

 

Enfin, le couvoir Boire & Frères est spécialisé dans la production avicole depuis 1927. Cette entreprise représente le plus grand couvoir au Canada et le plus salubre en Amérique du Nord. Boire & Frères engage plus de 450 employés20.

 

Le village

À proximité de la chapelle, tout un village s’est organisé. Une école est en fonction dès 1821. On retrouve aussi le forgeron Cyprien Côté, le moulin à scie et à farine de Jos Boisvert, un bureau de poste tenu par John Lembergher, une ligne de téléphone et de télégraphe, l’hôtel de M. Boisclair et celui de Ezra Brainard, le maire et juge de paix Patrick McCabe et un cultivateur21.

La vie municipale

À chaque été, la Fête au village de Wickham attire plusieurs milliers de visiteurs. La musique rétro, country et folklorique est à l’honneur durant les cinq jours de festivités22.

 

Le verger Blanchard figure parmi les plus importants au Québec avec ses 5000 pommiers. Il existe depuis 1937.

 

Pour en savoir davantage sur cette municipalité, il suffit de consulter le www.wickham.ca.

 

Patrimoine

 

Voici quelques statistiques tirées de l’inventaire patrimonial de la MRC.

 

Type et nombre de biens répertoriés

Répartition selon le type de bien répertorié

Bâtiment principal

Bâtiment secondaire

Cimetière

Croix de chemin

Paysage et point de vue

Pont

31

8

1

5

3

0

 

Une cote24 est attribuée à chaque bâtiment principal et elle tient compte de l’intérêt architectural, patrimonial, culturel et historique du bâtiment.

Répartition selon la cote attribuée aux bâtiments principaux

 

Wickham

MRC

Cote

Nombre

%

%

CC

12

30 %

44 %

C

10

25 %

19 %

BN

4

10 %

8 %

CR

3

8 %

10 %

B

2

5 %

2 %

 

L’année de construction est une information souvent difficile à obtenir parce que peu documentée au fils du temps. Nous avons donc indiqué, le cas échéant, une date approximative selon l’état actuel du bâtiment.

Répartition selon la date de construction

 

Wickham

MRC

Période

Nombre

%

%

1851-1900

19

63 %

57,7 %

1901-1950

11

37 %

35,5 %

1800-1850

0

0 %

5, 3%

1951 et +

0

0 %

1,5 %

 

En ce qui concerne la description stylistique, 23 styles différents ont été pré-identifiés. Ce sont des styles reliés essentiellement à l’architecture traditionnelle que l’on retrouve principalement en milieu rural. Lorsqu’un bâtiment mélange plusieurs styles et qu’il est difficile de l’associer à un style particulier, nous avons utilisé la catégorie « Autre ».

Répartition selon le style architectural

 

Wickham

MRC

Style

Nombre

%

%

Vernaculaire américain

13

33 %

18 %

Maison à lucarne-pignon

4

10 %

13 %

Maison de colonisation

4

10 %

18 %

Courant cubique

3

8 %

4 %

Vernaculaire boîte carrée

2

5 %

4 %

Autre

1

3 %

13 %

Géorgien

1

3 %

2 %

Maison à mansarde

1

3 %

4 %

Colonial français

1

3 %

0 %

Second Empire

1

3 %

1 %

 

Il est possible de consulter la section Inventaire patrimonial de la MRC pour accéder au module de recherche qui permet d’en savoir davantage sur certains biens patrimoniaux répertoriés dans cette municipalité.

 

1Mary-Claire Caya-Grondin, « Vie religieuse. Lieu historique-Canton de Wickham » dans Wickham 125e 1865-1990, Drummondville, Les Éditions Gilles Allard inc, 1990, p. 11.

2Joseph-Charles Saint-Amant, Un coin des Cantons de l’Est, Drummondville, La Parole, 1932, p. 469-470.

3 Comité du livre, Wickham 125e…, p. 202.

4M.-C. Caya-Grondin, « Vie religieuse… », p. 13-14.

5L’autel de la chapelle Saint-Pierre-de-Wickham a aussi été déménagé et il se trouve « au fond de la sacristie de l’église actuelle de l’Avenir. Voir M.-C. Caya-Grondin, « Vie religieuse… », p. 12-13.

6 Paul Mayrand, « Recueil d’articles sur l’histoire de Drummondville », Revue Panorama, 1954 à 1962, p. 16.

7 M.-C. Caya-Grondin, « Vie religieuse… », p. 14.

8 Comité du livre, Wickham 125e…, p. 20.

9 Comité du livre, Wickham 125e…, p. 54-56.

10 Comité du livre, Wickham 125e…, p. 64-69 et Refonte cadastrale de 1895, Bureau de la Publicité et des Droits.

11 Comité du livre, Wickham 125e…, p. 112.

12Comité du livre, Wickham 125e…, p. 116 et 118.

13Comité du livre, Wickham 125e…, p. 118 et 139.

14Comité du livre, Wickham 125e…, p. 117 et Refonte cadastrale de 1895, Bureau de la Publicité et des Droits.

15 Carte topographique de 1918, 31-H/15 Department of Militia and Defence et carte topographique de 1944, 31-I-1 Departement of Milita and Defence.

16 Comité du livre, Wickham 125e,p. 91-92.

17Comité du livre, Wickham 125e…, p. 118.

18 Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, « Centre du Québec. Activité minière », [En ligne] www.mrnf.gouv.qc.ca/centre-du-quebec/mines/mines-activite.jsp, page consultée le 7 février 2009.

19 Comité du livre, Wickham 125e…, p. 92 et Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, « Centre du Québec. Activité minière », [En ligne] www.mrnf.gouv.qc.ca/centre-du-quebec/mines/mines-activite.jsp, page consultée le 7 février 2009.

20 Jean-Pierre Boisvert, « Un poulailler abritant 10 000 poules brûle à Wickham », La Tribune, [En ligne] http://www.cyberpresse.ca/la-tribune/centre-du-quebec/200904/01/01-84235..., Mise à jour le 1er avril 2009, page consultée le 19 avril 2009.

21 Comité du livre, Wickham 125e…, p. 89.

22Fête au village de Wickham, [En ligne] http://www.fetewickham.qc.ca/index.htm, page consultée le 11 avril 2009.

23 S. A., Municipalités environnant Drummondville, dépliant « Wickham », cote 971. 4563, Bibliothèque municipale Côme Saint-Germain.

24 Signification des cotes :

A : Intérêt patrimonial exceptionnel reconnu

AA : Intérêt patrimonial exceptionnel

B : État très proche de l’original, intérêt historique et/ou culturel

BB : État très proche de l’original, sans intérêt historique et/ou culturel

BN : État très proche de l’original, sans intérêt architectural

C : Ayant subi des altérations mineures, mais modèle original identifiable

CC : Ayant subi des altérations majeures, mais modèle original identifiable

CR : Ayant subi des altérations majeures, sans respecter le caractère original

D : En rupture (ne respecte pas l’environnement architectural) à conserver

E : En rupture (ne respecte pas l’environnement architectural) à recycler