Durham-Sud

Dans cette page, on retrace brièvement l’histoire de la municipalité et on présente quelques données statistiques tirées de l’inventaire patrimonial réalisé en 2009. On peut également y indiquer les différentes actions de la municipalité en matière de patrimoine.

Histoire

Érection canonique : 30 septembre 1863 (paroisse de Saint-Fulgence)
Érection civile :
19 décembre 1863
Origine du nom :
C’est en 1792 que le canton a reçu le nom de Durham qui rappelle aux Loyalistes le canton et la ville du même nom en Angleterre. Un lien avec John George Lambton (Lord Durham) et son célèbre rapport Durhamne peut être tracé puisque le rapport est terminé seulement en 18391.

Population : 1012 personnes 

Les pionniers
Les premiers propriétaires de lots dans le canton de Durham ont obtenu leurs titres en 1802 et c’est d’abord la partie nord qui est défrichée2. Les premiers Eurocanadiens qui se sont installés à Durham sont William Cross et sa femme Phinela Latting, des Loyalistes. Ils sont arrivés par canot sur la rivière en provenance de Sherbrooke ou de Lennoxville vers 18013.

Au cours de la période de 1815 à 1820, plusieurs soldats loyalistes ont quitté les cantons de Grantham et de Wickham afin de s’établir à Durham en raison de ses « terres hautes et fécondes ». À cette époque, les anglophones tentent de conserver leur supériorité numérique et les Irlandais sont nombreux à Durham. Toutefois la réputation des terres fertiles et des pâturages de Durham fait son chemin et encourage plusieurs colons francophones de la Baie et de Nicolet à venir s’installer dans ce canton4.

La famille de Fulgence Préfontaine, arrivée le 21 octobre 1854, figure parmi les pionnières de Durham-Sud. Fulgence Préfontaine a été le premier marchand général et il a occupé les fonctions de maître de poste, de maire et de marguiller de la paroisse. Il est à noter que le bureau de poste de Durham-Sud a vu passer trois générations de Préfontaine en tant que maître de poste, sur une période de 101 ans, soit de 1871 à 1972 dans la maison de Fulgence Préfontaine5.

La vie religieuse

La première mission du canton de Durham a été celle de Saint-Pierre-de-Wickham. Par la suite, on a utilisé la maison de Fulgence Préfontaine comme lieu de culte jusqu’à la construction de la première chapelle en 1862. C’est dix ans plus tard que les paroissiens obtiennent leur première église alors que l’ancienne chapelle est transformée en maison d’école. La paroisse a pris le nom de Saint-Fulgence afin de souligner l’implication remarquable de Fulgence Préfontaine au sein de la vie paroissiale. Ce pionnier a également donné le terrain pour l’érection de la chapelle6.

 

Les protestants avaient aussi leur temple religieux avec l’église méthodiste Wesleyan construite en 1862. Ce lieu de culte est devenu l’Église Unie de South Durham en 1925 après la fondation de l’Église Unie du Canada qui regroupe plusieurs dénominations protestantes7.

 

Une autre chapelle méthodiste se trouve à Lisgar. Elle est démolie et une partie de son bois est utilisé pour la construction de la nouvelle église. Cette dernière est vendue en 1962 pour devenir la salle de réunion des paroissiens d’Ulverton8.

 

Enfin, l’église anglicane « Durham Station » ou St. James entre en service en 1872. De style gothique, ses plans sont basés sur l’église St. Mary’s de l’île d’Orléans. Cette église est démolie en 1897 et remplacée par une église plus petite et plus chaleureuse. En 1925, elle a reçu les vitraux et les fonts baptismaux de l’église St. Paul’s de L’Avenir qui est désormais fermée9.

 

L’éducation

En 1895, il y a huit écoles à l’intérieur des limites de la municipalité. Entre 1900 et 1912, on dénombre quatre écoles françaises dont une située au village et une autre à Danby. Durham-Sud a accueilli trois sœurs de l’Assomption dans les années 1912-1913 qui enseignent à l’école de bois de trois étages qui se trouve en face de l’église Saint-Fulgence10.

 

Lors de la création d’un nouvel arrondissement en 1922, madame Hormidas Beaudoin (Alice Proulx) a enseigné aux enfants dans sa propre maison pendant quatre mois pour la somme de 60$. Elle a également enseigné à la maison d’école numéro deux du village11.

 

En 1953, une nouvelle école plus grande est érigée au village ce qui annonce le début de la centralisation des élèves. Dès 1958, une deuxième école, nommée Collège Sacré-Cœur, est construite en brique moyennant la somme de 58 000$. Avec les deux écoles situées en face de l’église, la centralisation des élèves au village est maintenant bien établie12.

D’autre part, les pionniers anglophones de la région se sont aussi rapidement souciés de l’éducation de leur progéniture. Une lettre de Simon Stevens fils (1821-1907) témoigne qu’en 1827 ou bien en 1828, un hangar pour les animaux est transformé en école13.

Les écoles anglaises sont centralisées dès 1939 avec l’agrandissement de l’école « Model » située au village. Le nom de l’école est alors changé pour devenir « South Durham Consolidated School ». La baisse du nombre d’élèves anglophones a entraîné la fermeture de cette école en 1958 et les élèves doivent se rendre du côté de Richmond. Il y a eu au moins huit écoles de rang anglophones14.

Les moyens de transport

La construction de la ligne de chemin de fer reliant Durham à d’autres centres s’est réalisée par section. D’abord, le premier tronçon terminé est celui de Longueuil-Saint-Hyacinthe et il entre en fonction en décembre 1848. Ensuite, c’est la section passant par Durham, soit la ligne Saint-Hyacinthe-Richmond, qui est achevée à l’automne 1851.Enfin, la dernière partie reliant Richmond-Sherbrooke est venue compléter la ligne en 1852. C’est d’abord la compagnie St. Lawrence and Atlantic qui a débuté les travaux de la première section. Ensuite cette compagnie s’est regroupée avec d’autres entreprises ferroviaires pour créer la compagnie de « Chemin de fer du Grand Tronc »15.

 

Il y a eu trois stations sur le territoire du canton de Durham. D’abord, la « Durham Station » est située dans le 12e rang (lot 1063) dans les années 1851-1854. Après la construction de la deuxième station sur le 10e rang, celle-ci a pris le nom de « Old Durham Station » jusqu’en 1871. Le conseil municipal a demandé l’érection d’un bureau de poste du nom de Blakeville près de cette station puisqu’il y a alors plusieurs familles de Blake habitant cette agglomération. Toutefois, c’est sous le nom de Danby que le bureau de poste est construit. La station a adopté le même vocable et ce, jusqu’en 1961 avant d’être démolie en 1964. La deuxième station, appelée « New Durham », est en service dès 1854. Son nom a changé en 1878 pour celui de « South Durham » avant que la station ne ferme. Cette gare a été déménagée à plusieurs reprises et elle est maintenant située sur un terrain privé à Melbourne. Le propriétaire actuel a rénové la gare et il a conservé plusieurs documents d’archives à l’intérieur du bâtiment. Enfin, la troisième station porte le nom de Lisgar, en l’honneur du deuxième gouverneur général du Canada en poste de 1868 à 1872. Cette station située dans le 9e rang a cessé ses activités en 1952 et elle est démolie en 196316.

 

L’économie

Au début de la colonisation, la potasse17 s’est révélée comme la première source de revenus. Les colons l’expédient eux-mêmes en direction de Montréal et de Trois-Rivières avant que des marchands, comme Fulgence Préfontaine, se chargent de faire transporter la potasse par train dans les années 186018.

C’est l’abondance de gravier sur le territoire de Durham-Sud qui a donné la prépondérance à cette agglomération comme « pivot de la municipalité » à la place de Danby ou Lisgar. Cette ressource est utilisée pour « l’amélioration » et le « relevage » des chemins de fer. Le gravier de Durham-Sud a aussi servi à la construction des piliers du pont Jacques-Cartier. Une autre mine de gravier est mise en fonction dans le 9e rang (lot 11) par la Bonner Sand Co. au début du 20e siècle. Ces mines ont donné beaucoup de travail aux résidants de Durham-Sud avant la mécanisation et l’utilisation de pelles. L’industrie du gravier est délaissée même si cette activité a marqué la vie économique pendant 80 ans (1865-1945)19. Les rails menant aux mines sont retirés quelques années plus tard.

En 1864, la Bark Extract Co. est venue contribuer à l’économie de Durham-Sud. Située sur le 10e rang, cette industrie utilise l’écorce de pruche pour la transformer en tanin, matériel utilisé pour la fabrication du cuir. Après 20 ans d’activités, l’épuisement de la pruche sur le territoire a engendré le départ de cette compagnie20.

L’industrie du bois a été prospère et elle a créé bon nombre d’emplois. Il y a toujours eu une ou des industries de bois d’œuvre à proximité des stations de chemin de fer. Plusieurs moulins à scie se sont établis sur le territoire par exemple ceux de MM. Millar sur le 10e rang, de Noël Péloquin à l’angle du 10e rang et de la route McGiveney, d’Anthony Curotte et d’un certain M. White près de l’étang Wilson21.

L’agriculture a également occupé une place importante dans l’économie de Durham-Sud. Dès 1865, les agriculteurs participent à la foire de L’Avenir. En outre, le notaire St-Amant a mentionné que les animaux de boucherie, surtout la race Durham, fut une industrie rentable de la région grâce à l’exportation vers les États-Unis. L’apogée de ce commerce se situe dans les années 185022.

L’industrie laitière est grandement favorisée par le train qui transporte les bidons de lait jusqu’à Montréal tous les matins. La production laitière représente toujours une part importante de l’économie à la fin du 20e siècle. La production de fromage a déjà joué un rôle essentiel notamment en 1920 où la production atteint 48 295 livres et génère des revenus de 9935, 61$. Le dernier fromager de Durham-Sud est Georges Desfossés en 1948. En 1920, la fromagerie de Siméon Deslauriers s’est spécialisée dans la production du beurre et elle a acquis une grande réputation avant de devenir une crèmerie. Dès 1943, les locaux de cette industrie sont déplacés dans un nouvel emplacement fait de blocs de béton pour s’adapter à la demande et produire de la poudre de lait. La crèmerie a besoin de 400 producteurs ayant pour rôle de fournir le lait nécessaire au soutien de la production qui fonctionne 24 heures par jour. Afin d’éliminer la concurrence, cette crèmerie est achetée en 1972 par la Coopérative agricole de Saint-Germain. À partir de ce moment, le lait des producteurs de Durham-Sud est transporté à Saint-Germain, Granby, Sherbrooke ou dans d’autres municipalités23.

Le village et Lisgar
En 1878, le village de Durham-Sud compte une gare, sept marchands et cinq forgerons. Il y a également un hôtel de ville et deux écoles en 1895. Un moulin à scie est en fonction au moins à partir des années 1950. Malheureusement, le village de Durham-Sud est ravagé par les flammes le 21 avril 1941 et plusieurs bâtiments disparaissent. La propagation du feu s’est faite de la cheminée d’Eudore Côté à l’hôtel de ville jusqu’aux édifices du bas de la côte Sainte-Anne. Le vent a même soufflé des tisons sur les dormants du chemin de fer d’où est sorti de la fumée24.

L’agglomération de Lisgar comprend une église méthodiste et deux entrepreneurs forestiers qui embauchent chacun de 40 à 50 hommes en 1875. Il y a également deux marchands généraux (William Mitchell et George Moore) et le forgeron John Weare25.

La vie municipale
Depuis plusieurs années, Durham-Sud accueille un festival country durant une fin de semaine au mois de juin.

La Municipalité de Durham-Sud a chapeauté le projet de former une épicerie coopérative. Les citoyens sont membres de la coopérative et l’entreprise fonctionne bien depuis de nombreuses années.

Pour en savoir davantage sur cette municipalité, il suffit de consulter le www.durham-sud.com.

Patrimoine

Voici quelques statistiques tirées de l’inventaire patrimonial de la MRC.

Type et nombre de biens répertoriés

Répartition selon le type de bien répertorié

Bâtiment principal

Bâtiment secondaire

Cimetière

Croix de chemin

Paysage et point de vue

Pont

76

39

3

3

1

1


Une cote26 est attribuée à chaque bâtiment principal et elle tient compte de l’intérêt architectural, patrimonial, culturel et historique du bâtiment.

Répartition selon la cote attribuée aux bâtiments principaux

 

Durham-Sud

MRC

Cote

Nombre

%

%

CC

30

36 %

44 %

CR

12

14 %

10 %

C

16

19 %

19 %

B

7

8 %

2 %

BN

5

6 %

8 %

BB

6

7 %

2 %


L’année de construction est une information souvent difficile à obtenir parce que peu documentée au fils du temps. Nous avons donc indiqué, le cas échéant, une date approximative selon l’état actuel du bâtiment.

Répartition selon la date de construction

 

Durham-Sud

MRC

Période

Nombre

%

%

1851-1900

66

85 %

57,7 %

1901-1950

9

13 %

35,5 %

1800-1850

2

2 %

5, 3%

1951 et +

0

0 %

1,5 %

 
En ce qui concerne la description stylistique, 23 styles ont été pré-identifiés. Ce sont des styles reliés essentiellement à l’architecture traditionnelle que l’on retrouve principalement en milieu rural. Lorsqu’un bâtiment mélange plusieurs styles et qu’il est difficile de l’associer à un style particulier, nous avons utilisé la catégorie « Autre ». Notons que 12 différents styles sont présents sur le territoire de Durham-Sud.

Répartition selon le style architectural

 

Durham-Sud

MRC

Style

Nombre

%

%

Autre

21

25 %

13 %

Vernaculaire américain

17

20 %

18 %

Maison de colonisation

12

14 %

18 %

Maison à lucarne-pignon

7

8 %

13 %

Québécois (Régency)

6

7 %

3 %

Boomtown

3

4 %

1 %

Pittoresque

3

4 %

1 %

Vernaculaire boîte carrée

2

2 %

4 %

Géorgien

2

2 %

2 %

Queen Ann

1

1 %

1 %

Renouveau classique

1

1 %

1 %

Second empire

1

1 %

1 %

 

Il est possible de consulter la section Inventaire patrimonial de la MRC pour accéder au module de recherche qui permet d’en savoir davantage sur certains biens patrimoniaux répertoriés dans cette municipalité.

 

1 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, Sherbrooke, Éditions Louis Bilodeau & Fils Ltée, 1990, p.11.

2 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 12.

3 Joseph-Charles Saint-Amant, Un coin des Cantons de l’Est, Drummondville, La Parole, 1932, p. 106-107.

4 J.-C. St-Amant, Un coin des Cantons…,p. 112, 115-116, 133 et 137.

5 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 504.

6 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 14 et 86-88.

7 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 111-113.

8 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 116.

9 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 129 et Rodney A. Clark, Our Saints and our Stories. A History of the Churches in the Greater Parish of St. Francis of Assisi, p. 11-12.

10 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 133-134 et Refonte cadastrale de 1895, Bureau de la Publicité et des Droits

11 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 135

12 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 139.

13 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 16.

14 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 167, 169 et 172.

15 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 175 et 177.

16 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 178-180.

17 La potasse est fabriquée avec les cendres provenant d’arbres brûlés et elle est utilisée dans la fabrication du verre. Cette industrie est très importante lors du défrichement des terres par les colons. Voir Towshippers’ Association, « Commerce de la potasse », [En ligne] http://www.townshipsheritage.com/FR/Hist/Pionnier/potasse.html, page consultée le 21 septembre 2009.

18 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 48.

19 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 46-48.

20 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 49.

21 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 49 et 51-52.

22 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 59 et J.-C. St-Amant, Un coin des Cantons…,p. 138.

23 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 61, 63, 64 et 67.

24 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 25, 51 et 58  Carte topographique 31-H-09 de 1950, Department of National Defence et Refonte cadastrale de 1895, Bureau de la Publicité et des Droits.

25 Comité de l’album, Durham-Sud 1865-1990, p. 50-51 et 55.

26 Signification des cotes :

A : Intérêt patrimonial exceptionnel reconnu

AA : Intérêt patrimonial exceptionnel

B : État très proche de l’original, intérêt historique et/ou culturel

BB : État très proche de l’original, sans intérêt historique et/ou culturel

BN : État très proche de l’original, sans intérêt architectural

C : Ayant subi des altérations mineures, mais modèle original identifiable

CC : Ayant subi des altérations majeures, mais modèle original identifiable

CR : Ayant subi des altérations majeures, sans respecter le caractère original

D : En rupture (ne respecte pas l’environnement architectural) à conserver

E : En rupture (ne respecte pas l’environnement architectural) à recycler